En ce début d’année nous avons échangé des vœux de santé, de réussite, de bonheur tout en sachant combien cet exercice obligé a peu de chances d’influencer le cours de nos existences tout au long d’une année.
Comment allons-nous affronter les 365 jours de cette année 2026 ? Voyons comment la Bible, des philosophes et … Winnie l’ourson nous offrent une réponse inspirante !
Commençons par la Bible. « Aujourd’hui » c’est l’espace-temps unique où Dieu parle. Il demande à son peuple de mettre en pratique ses commandements « aujourd’hui », de choisir « aujourd’hui » entre la bénédiction et la malédiction, de le suivre « aujourd’hui ». Jésus promet au larron crucifié avec lui aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis (Luc 23 :43) et chacune des demandes du Notre Père, et pas uniquement celle de notre pain quotidien, pourrait être suivie d’un « aujourd’hui ». Un verset est si connu qu’il en est devenu une expression courante : Ne vous inquiétez donc pas du lendemain car le lendemain s’inquiètera de lui-même. À chaque jour suffit sa peine (Matthieu 6:34). Ces paroles nous rappellent notre incapacité à contrôler l’avenir. Seule la confiance en Dieu peut nous délivrer de l’angoisse du lendemain. Seule la conviction qu’il est avec [n]ous tous les jours jusqu’à la fin du monde (Matthieu 28:20) nous permet d’avancer aujourd’hui.
Le philosophe Blaise Pascal nous encourage, lui aussi, à nous consacrer au présent. Il écrit que nous ne pensons presque point au présent, et si nous y pensons, ce n’est que pour en prendre la lumière pour disposer de l’avenir. Le présent n’est jamais notre fin. Le passé et le présent sont nos moyens, le seul avenir est notre fin. Ainsi nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre, et nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais. (Pensées, fragment Vanité nº33/38)
Dans son livre Aujourd’hui – Non pas demain ! le pasteur Flemming Fleinert-Jensen souligne l’importance de « l’aujourd’hui » chez le philosophe danois Søren Kierkegaard qui qualifie le lendemain de jour malheureux qui est l’invention du bavardage et de la désobéissance. Dans les Discours chrétiens (1848) Kierkegaard écrit : Si un homme […] fait […] cette prière : « Sauve-moi, ô Dieu, de moi-même et du lendemain » […] le lendemain a déjà pris un trop grand pouvoir sur lui. Car le chrétien prie ainsi : « Délivre-moi aujourd’hui du mal ». C’est la plus sûre façon d’être sauvé du lendemain. Kierkegaard nous encourage à être « contemporains de nous-mêmes ». Vivre ni en vertu du passé, ni dans l’attente joyeuse ou inquiète de l’avenir, car « vivre, c’est être aujourd’hui », sans s’épuiser, « à franchir la distance qui sépare aujourd’hui de demain ».
Il ne s’agit pas de pratiquer une pensée positive éloignée du réel. Être présent à notre quotidien demande courage et confiance et c’est bien la raison pour laquelle nous cherchons à le fuir en nous réfugiant dans un lendemain hypothétique ou en nous enfermant dans un passé fabulé. Il nous est probablement difficile de voir Dieu à l’œuvre en ce monde, tant il va mal, tant il est dominé par des forces qui ne tiennent aucun compte de la volonté bonne, agréable et parfaite de Dieu. Notre foi en la venue du Royaume, en l’accomplissement des promesses est mise à mal par ce que nous entendons et voyons autour de nous.
Wilfred Monod (1867 – 1943) répétait inlassablement il faut aimer quand même, espérer quand même, croire quand même. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons « avancer quand même » dans ce monde qui est le nôtre, dans cette année qu’il nous est donné de vivre, jour après jour.
Alors, comme le dit si bien Winnie l’Ourson, je vous invite à faire d’aujourd’hui votre jour préféré, à aimer quand même aujourd’hui, à espérer quand même aujourd’hui, à croire quand même aujourd’hui !
